Le projet
Sollicitude, soin et subalternité dans les littératures francophones de 1945 à aujourd’hui
Présentation
Les études sur le care en littérature sont encore largement déficientes dans le domaine francophone : aussi, notre projet se propose 1) de combler cette importante lacune de recherche que constituent les représentations de la sollicitude, du soin et de la subalternité dans les littératures de langue française, de 1945 à nos jours, et 2) de créer et de partager un espace de recherche où se feront entendre les voix des care-givers telles qu’elles se présentent dans la littérature. En partant du présupposé que le « prendre soin » d’autrui serait encore davantage l’apanage des femmes que celui des hommes, nous verrons comment la littérature reprend ou défait, interroge et détourne certains paradoxes liés à cette essentialisation des pratiques et des sphères du care, à travers l’analyse de textes littéraires et d’un corpus complémentaire composé de films et de téléséries.
Depuis la Seconde Guerre mondiale continue de s’imposer une multitude de figures de femmes au travail, présentées comme étant naturellement au service d’autrui, assignées au silence, en sacrifiant leur corps et souvent leurs aspirations individuelles. Dans le projet « Donner voix aux care-givers, nous nous pencherons, d’une part, sur les pratiques et postures du care-giving assignées aux figures de femmes pour observer le traitement littéraire de leur action, prise de parole et potentielle agentivité ; et d’autre part, sur la difficulté à prendre soin d’elles-mêmes qui touche nombre de nounous, infirmières, femmes de ménage et accompagnatrices de malades. Nous réévaluerons diverses pratiques du « prendre soin » à la lumière du corpus francophone à l’étude et des éthiques du care, pour mettre en lumière les mécanismes de l’invisibilisation et de la réduction au silence historiques des care-givers autant dans la sphère privée que dans l’espace public. Notre projet s’inscrit explicitement dans le dialogue entre cette réalité politique et socioéconomique des femmes care-givers confinées dans une position de vulnérabilité à divers niveaux, et les visions, parfois paradoxales, que proposent les écrivain·es et cinéastes du corpus à l’étude.
À l’écoute des « voix différentes », notamment en démocratie, les théories du care n’ont pas encore permis une réflexion plus globale, en dialoguant avec la littérature, sur les violences historique et contemporaine faites aux femmes au service d’autrui. Notre projet sur les enjeux du « prendre soin » dans et par la littérature permettra justement de faire comprendre combien la littérature et l’art font entendre des paroles étouffées et mettent en garde contre une perception consensuelle du care-giving au féminin. Il s’agira d’interroger de façon critique l’écart entre les études contemporaines sur la nécessité de revaloriser le travail de care et les productions culturelles.
Notre projet a l’ambition de marquer un avancement majeur des connaissances dans la recherche francophone concernant l’étude des pratiques et des défis du care-giving tel que vécu par les figures de femmes dans les littératures de langue française depuis 1945, dans le domaine de la pensée féministe ainsi que dans les études du care sensibles à l’approche intersectionnelle. Nous contribuerons à la sensibilisation citoyenne critique quant à la triade « femmes/souci d’autrui/service » comme structure inégalitaire au cœur des sociétés occidentales. En combinant les outils de l’analyse littéraire, les théories du care ainsi que les études féministes et de genre, nous poserons des questions de société urgentes sur la voix des femmes, la sexuation du travail, la pensée du « prendre soin » comme fondement démocratique du vivre-ensemble, de même que sur la dignité et les rapports entre travail de care, vulnérabilité et subalternité depuis la Seconde Guerre mondiale.
Présentation
Les études sur le care en littérature sont encore largement déficientes dans le domaine francophone : aussi, notre projet se propose 1) de combler cette importante lacune de recherche que constituent les représentations de la sollicitude, du soin et de la subalternité dans les littératures de langue française, de 1945 à nos jours, et 2) de créer et de partager un espace de recherche où se feront entendre les voix des care-givers telles qu’elles se présentent dans la littérature. En partant du présupposé que le « prendre soin » d’autrui serait encore davantage l’apanage des femmes que celui des hommes, nous verrons comment la littérature reprend ou défait, interroge et détourne certains paradoxes liés à cette essentialisation des pratiques et des sphères du care, à travers l’analyse de textes littéraires et d’un corpus complémentaire composé de films et de téléséries.
Depuis la Seconde Guerre mondiale continue de s’imposer une multitude de figures de femmes au travail, présentées comme étant naturellement au service d’autrui, assignées au silence, en sacrifiant leur corps et souvent leurs aspirations individuelles. Dans le projet « Donner voix aux care-givers, nous nous pencherons, d’une part, sur les pratiques et postures du care-giving assignées aux figures de femmes pour observer le traitement littéraire de leur action, prise de parole et potentielle agentivité ; et d’autre part, sur la difficulté à prendre soin d’elles-mêmes qui touche nombre de nounous, infirmières, femmes de ménage et accompagnatrices de malades. Nous réévaluerons diverses pratiques du « prendre soin » à la lumière du corpus francophone à l’étude et des éthiques du care, pour mettre en lumière les mécanismes de l’invisibilisation et de la réduction au silence historiques des care-givers autant dans la sphère privée que dans l’espace public. Notre projet s’inscrit explicitement dans le dialogue entre cette réalité politique et socioéconomique des femmes care-givers confinées dans une position de vulnérabilité à divers niveaux, et les visions, parfois paradoxales, que proposent les écrivain·es et cinéastes du corpus à l’étude.
À l’écoute des « voix différentes », notamment en démocratie, les théories du care n’ont pas encore permis une réflexion plus globale, en dialoguant avec la littérature, sur les violences historique et contemporaine faites aux femmes au service d’autrui. Notre projet sur les enjeux du « prendre soin » dans et par la littérature permettra justement de faire comprendre combien la littérature et l’art font entendre des paroles étouffées et mettent en garde contre une perception consensuelle du care-giving au féminin. Il s’agira d’interroger de façon critique l’écart entre les études contemporaines sur la nécessité de revaloriser le travail de care et les productions culturelles.
Notre projet a l’ambition de marquer un avancement majeur des connaissances dans la recherche francophone concernant l’étude des pratiques et des défis du care-giving tel que vécu par les figures de femmes dans les littératures de langue française depuis 1945, dans le domaine de la pensée féministe ainsi que dans les études du care sensibles à l’approche intersectionnelle. Nous contribuerons à la sensibilisation citoyenne critique quant à la triade « femmes/souci d’autrui/service » comme structure inégalitaire au cœur des sociétés occidentales. En combinant les outils de l’analyse littéraire, les théories du care ainsi que les études féministes et de genre, nous poserons des questions de société urgentes sur la voix des femmes, la sexuation du travail, la pensée du « prendre soin » comme fondement démocratique du vivre-ensemble, de même que sur la dignité et les rapports entre travail de care, vulnérabilité et subalternité depuis la Seconde Guerre mondiale.
L’équipe
Co-chercheuses
Crédit image : Connie Caputo
Andrea Oberhuber
Co-chercheuse
Léonore Brassard est professeure de littérature à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Sa première monographie, Le désastre de la rencontre, publiée aux Presses de l’Université de Montréal, s’intéresse à l’imaginaire de l’échange prostitutionnel dans la littérature. Elle est co-directrice du Dictionnaire du genre en traduction et directrice adjointe de la revue Tangence.
Dominique Hétu
Co-chercheuse
Dominique Hétu est professeure agrégée et directrice du Département d’études francophones et de langues à l’Université de Brandon (Manitoba, Canada). Ses recherches portent sur la littérature et la culture francophone contemporaine au Canada et au Québec face aux crises du vulnérable et de l'ordinaire, s’intéressant plus particulièrement aux poétiques du care, à la responsabilité et à la vie précarisée. Elle siège aux comités éditoriaux des revues Les Cahiers franco-canadiens de l'Ouest et @nalyses.
Andrea Oberhuber est professeure de littérature à l’Université de Montréal où elle enseigne l’écriture des femmes (XIXe-XXIe siècles), les avant-gardes, la photolittérature et le care littéraire. Elle dirige la revue numérique MuseMedusa (www.musemedusa.com), spécialisée en recherche-création. Les récents projets de recherche ont été consacrés aux figures ambivalentes du care dans le roman français de 1870 à 1945 (« À votre service »), ainsi qu’à la littérature comme espace paradoxal du care, à travers les représentations de la criminelle. Actuellement, elle est co-chercheuse dans le projet « À l’atelier. Quand la littérature et la médecine s’accompagnent et nous accompagnent », sous la dir. par Catherine Mavrikakis).
En 2023, elle a publié aux Presses de l’Université de Montréal Faire œuvre à deux. Le Livre surréaliste au féminin ; la coédition française est parue en septembre 2024 aux Presses universitaires de Rennes. L’essai s’est mérité le prix Victor-Barbeau 2024, décerné par l’Académie des lettres du Québec, et il a été finaliste en 2025 pour les Prix du Canada.
Elle est membre du Parlement des écrivaines francophones (PEF).
Léonore Brassard
Chercheuse principale
L’équipe
Co-chercheuses
Crédit image : Connie Caputo
Andrea Oberhuber
Andrea Oberhuber est professeure de littérature à l’Université de Montréal où elle enseigne l’écriture des femmes (XIXe-XXIe siècles), les avant-gardes, la photolittérature et le care littéraire. Elle dirige la revue numérique MuseMedusa(www.musemedusa.com), spécialisée en recherche-création. Les récents projets de recherche ont été consacrés aux figures ambivalentes du care dans le roman français de 1870 à 1945 (« À votre service »), ainsi qu’à la littérature comme espace paradoxal du care, à travers les représentations de la criminelle. Actuellement, elle est co-chercheuse dans le projet « À l’atelier. Quand la littérature et la médecine s’accompagnent et nous accompagnent », sous la dir. par Catherine Mavrikakis).
En 2023, elle a publié aux Presses de l’Université de Montréal Faire œuvre à deux. Le Livre surréaliste au féminin ; la coédition française est parue en septembre 2024 aux Presses universitaires de Rennes. L’essai s’est mérité le prix Victor-Barbeau 2024, décerné par l’Académie des lettres du Québec, et il a été finaliste en 2025 pour les Prix du Canada.
Elle est membre du Parlement des écrivaines francophones (PEF).
Chercheuse principale
Léonore Brassard
Léonore Brassard est professeure de littérature à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Sa première monographie, Le désastre de la rencontre, publiée aux Presses de l’Université de Montréal, s’intéresse à l’imaginaire de l’échange prostitutionnel dans la littérature. Elle est co-directrice du Dictionnaire du genre en traduction et directrice adjointe de la revue Tangence.
Co-chercheuse
Dominique Hétu
Dominique Hétu est professeure agrégée et directrice du Département d’études francophones et de langues à l’Université de Brandon (Manitoba, Canada). Ses recherches portent sur la littérature et la culture francophone contemporaine au Canada et au Québec face aux crises du vulnérable et de l'ordinaire, s’intéressant plus particulièrement aux poétiques du care, à la responsabilité et à la vie précarisée. Elle siège aux comités éditoriaux des revues Les Cahiers franco-canadiens de l'Ouest et @nalyses.
Co-chercheuse